Donjon de Naheulbeuk - L'aventure interactive !



Le Nain empoigne se hache et se place à un pas de la porte.

- Bon, j'ai pas toute la journée moi ! s'écrie-t-il. Alors la porte, on va s'en débarrasser vite fait !
- Hé ! s'inquiète le Ranger. C'est pas très discret quand-même...
- Écartez-vous ! braille le courtaud.

Il commence à entamer la porte, s'acharnant sur un bois dur comme du roc, lourdement armé de ferrures. Chaque coup semble ébranler l'édifice, et parfois du mortier s'échappe d'entre les joints pour retomber en pluie sur le sol humide.

- C'est une méthode complètement rustique, commente le Voleur.
Les compagnons serrent les dents et sursautent à chaque coup. Puis le Barbare s'approche à son tour, voyant que ça n'avance pas très vite :
- Moi je vais taper aussi avec mon épée !
Il dégaine alors son arme.

Le voleur en profite pour glisser à son voisin :
- Qui se ressemble...
- Ouaip, répond le Ranger. Je vois ce que tu veux dire.
La Magicienne, de plus en plus inquiète, hurle par-dessus le tintamarre :
- Vous ne pensez pas que les mecs dans le donjon ont prévu ce genre d'agression ?
- Je vois pas trop ce que ça va changer ! braille le Nain. Han !
Il redouble alors d'efforts, et le vacarme se fait plus intense au moment où le Barbare commence aussi à porter ses premiers coups. L'Ogre s'éloigne, pensant trouver quelque part un objet qui lui permettrait de prendre part à la fête. C'est amusant, de cogner dans les portes.

La Magicienne et le rôdeur reculent de deux pas, car des copaux de bois commencent à fuser dans toutes les directions.
- C'est vraiment bourrin ! glisse le Ranger à l'oreille de l'érudite. C'est déprimant...
- Je te le fais pas dire...

Puis une voix grave et caverneuse, semblant sortir de nulle part, les apostrophe :
- Hep ! Vous là !
Le Nain et le Barbare s'arrêtent, ainsi que l'Ogre qui revenait avec une grosse pierre à la main. Les aventuriers lèvent la tête et constatent qu'un homme les menace du poing depuis son balcon.
- Y'a un type qui nous regarde par la fenêtre ! s'écrire le Ranger.
- Ho ! crie l'homme en Noir. Vous vous croyez chez mémé !
- Mince alors ! gémit la Magicienne. On est repérés !
- Vous savez combien ça coûte, une porte ? Bande de vauriens !

Coupé dans son élan, le Nain laisse sa hache se balancer, tandis que le Barbare s'interroge. Doit-il continuer comme si de rien n'était ?
Les compagnons bredouillent quelques excuses vaseuses, puis le Nain se décide à frapper la porte à nouveau. Le Ranger s'avance et lui bloque le bras :
- Mais arrête maintenant ! Tu vois bien qu'on est repérés !
- Je m'en fous ! Laisse-moi taper !

L'homme hurle de plus belle :
- Puisque c'est comme ça, je vous envoie les guerriers maudits, ha ha ha !

Ne sachant pas trop à quoi s'attendre, les compagnons s'en remettent à l'avis de la Magicienne, qui prétend s'y connaître en bestiaire. Elle leur trace un tableau rapide :
- Les guerriers maudits ? C'est pratiquement ce qu'on va trouver de pire dans un donjon ! Ils ont des armures impossibles à transpercer, et sont habiles aussi bien en attaque qu'en défense ! C'est...
- Ben moi j'y vais ! glapit le Ranger sans lui laisser terminer son exposé.
Il s'éloigne sur le sentier, déjà précédé par le Voleur. Le Nain et le Barbare se tournent vers la porte et ronchonnent :
Nain : Moi je reste ! Je vais leur pêter la gueule !
Barbare : Moi aussi ! Haaaaa ! Vous êtes que des mauviettes !

L'Ogre et la Magicienne, sans demander leur reste, rejoignent leurs compagnons sur le sentier après avoir tenté de dissuader les guerriers. Hélas, ils n'y a rien à faire pour convaincre les entêtés.
- Bon sang, gémit le Ranger en courant, ça commençait vachement bien pourtant !
- On n'a plus qu'à rentrer au village ! dit la Magicienne.
- On essaiera... De trouver une autre mission ! ajoute le Voleur.
- Gluk ! ajoute l'Ogre qui n'a rien compris.

La compagnie s'éloigne ainsi du donjon sans avoir mis un seul pied à l'intérieur. On retrouvera dans quelques jours les cadavres du Nain et du Barbare, pourrissant dans un fossé.




Si vous êtes perdus dans l'aventure, revenez au début ! Et tant pis pour vous, ha ha.